Afrique du Sud: maintien du taux directeur sur fond de croissance en berne

Afrique du Sud: maintien du taux directeur sur fond de croissance en berne

La banque centrale sud-africaine a annoncé jeudi le maintien de son taux directeur à 7%, tout en révisant à la baisse ses prévisions de croissance pour l’année 2016.

Compte tenu du ralentissement de l’inflation, la banque centrale « a jugé possible de faire une pause dans un cycle d’austérité et a par conséquent décidé de laisser inchangé son taux à 7% », a déclaré le gouverneur Lesetja Kganyago.

Parallèlement, « la croissance sud-africaine continue d’être décevante », a-t-il reconnu lors d’une conférence de presse à Pretoria. La banque centrale a ainsi révisé ses prévisions de croissance pour 2016 de 0,8% à 0,6%, s’alignant sur les chiffres du Fonds monétaire international (FMI).

L’inflation a, quant à elle, ralenti depuis février où elle avait atteint son plus haut niveau en sept ans (7%). Elle est passée de 6,3% en mars à 6,2% en avril, restant cependant au-delà du seuil de 6% que la banque centrale s’était fixé.

Mais « le répit devrait être de courte durée puisque la pression sur les prix des denrées alimentaires et du pétrole continuent à s’intensifier », a poursuivi Lesetja Kganyago, qui table sur une inflation de 6,7% d’ici la fin de l’année.

L’inflation est alimentée notamment par le prix des denrées alimentaires, qui a augmenté de 11% en avril en raison de la forte sécheresse qui sévit en Afrique du Sud.

Le maintien du taux directeur « est bienvenu dans un contexte très contraignant », a réagi la banque sud-africaine FNB.

L’économie sud-africaine, notamment basée sur l’exploitation minière, tourne au ralenti depuis quelques années en raison notamment de la chute des cours des matières premières. Elle a été rétrogradée ce mois-ci au rang de troisième économie d’Afrique par le cabinet KPMG, alors que le mois prochain deux agences de notation financière, S&P et Fitch, doivent réévaluer la note de l’Afrique du Sud.

Le rôle de la banque centrale est maintenant « d’empêcher une dégradation de la note pour éviter de tomber dans les catégories spéculatives (…), une décision qui représenterait un développement négatif en matière d’emprunt pour les secteurs public et privé », a estimé le professeur Raymond Parsons de l’école de commerce de l’Université du Nord-Ouest.