Obama fait le point sur la situation en Turquie

Obama fait le point sur la situation en Turquie
US President Barack Obama speaks about the truck attack in Nice, France while addressing ambassadors to the United States during reception in the East Room of the White House July 15, 2016 in Washington, DC. Obama strongly condemned a "repugnant" proposal by a top Republican to test every Muslim living in the United States and deport whoever believes in sharia law, following the deadly truck attack in Nice. / AFP PHOTO / Brendan Smialowski

Le président Obama a convoqué samedi matin son conseil de sécurité nationale à Washington pour faire le point sur la situation après la tentative de putsch en Turquie, allié crucial des Etats-Unis dans la région.

Le président avait dès vendredi exhorté toutes les parties en Turquie à soutenir le gouvernement turc « démocratiquement élu » du président Recep Tayyip Erdogan.

Les Etats-Unis mènent une importante partie de leurs opérations aériennes contre le groupe Etat islamique à partir de la base aérienne turque d’Incirlik, dans le sud du pays.

Quelque 1.500 militaires américains et personnels civils sont stationnés sur cette base, et 2.200 dans l’ensemble dans du pays.

Les militaires américains ont du suspendre leurs opérations aériennes américaines au départ d’Incirlik, du fait de la fermeture de l’espace aérien turc à tous les appareils militaires, a annoncé samedi le Pentagone.

Mais le gouvernement américain « travaille avec les Turcs pour reprendre les opérations aussi tôt que possible », a déclaré le porte-parole du Pentagone Peter Cook dans un communiqué.

Autre affaire délicate, l’ennemi juré du président Erdogan, Fethullah Gülen est en exil dans une petite bourgade du nord-est des Etats-Unis et le dirigeant turc l’a clairement accusé d’être à l’origine du coup d’Etat.

En déplacement à Luxembourg, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a indiqué que les Etats-Unis vont aider Ankara dans l’enquête sur le putsch déjoué.

Il a aussi demandé aux autorités turques d’apporter les preuves des accusations portées contre Fethullah Gülen. Ce dernier a, depuis les Etats-Unis, fermement condamné la tentative de putsch, dans un communiqué diffusé dans la nuit de vendredi à samedi.

M. Kerry a précisé que Washington n’avait « pas reçu de demande d’extradition en ce concerne M. Gülen », mais s’attend à « ce que des questions soient posées au sujet de ce dernier ».

Le chef de la diplomatie américaine avait auparavant été en contact direct, vendredi soir au téléphone, avec son homologue turc Mevlut Cavusoglu.

« Nous avons bien sûr invité le gouvernement deTurquie à nous présenter toutes les preuves valides et solides » de l’implication de M. Gülen, a expliqué M. Kerry.

Les autorités américaines ont par ailleurs suspendu les vols des compagnies aériennes américaines vers la Turquie.

Elles interdisent également tous les vols en provenance de Turquie que ce soit avec ou sans escale.

Samedi, il n’y avait plus de distribution d’électricité dans la région de la base d’Incirlik, selon le porte-parole du Pentagone.

Des générateurs de secours sur la base ont pu prendre le relais, a-t-il précisé.

Les militaires américains déployés en Turquie se sont vus ordonner de passer en mesures de protection maximum, suspendant toute activité non essentielle, et focalisant les ressources sur la défense contre d’éventuelles attaques.

La base d’Incirlik abrite notamment des drones, des avions d’attaque au sol A-10 et des avions de guerre électronique Prowler.